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demi-saison
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LE THÉÂTRE DE LA CITÉ INTERNATIONALE SE PRÉPARE A VOUS ACCUEILLIR POUR SA NOUVELLE DEMI-SAISON. PREMIER RENDEZ-VOUS LE 3 AVRIL.
Après de nombreuses années en compagnie de Philippe Decouflé et quelques autres à la programmation de Paris quartier d'été, Pascale Henrot prend la direction du Théâtre de la Cité internationale. Avec intuitions et sensations fortes. Propos.
«Architecture
Le théâtre est un bâtiment au cœur de la Cité internationale : les espaces et les maisons au milieu desquels il se trouve sont très évocateurs, inspirants, d'un point de vue architectural. Chaque fois que je passe sous le porche de la Cité, d'un seul coup le silence se fait. C'est comme s'il y avait plusieurs sas avant d'arriver au théâtre proprement dit. C'est un environnement très différent des salles plantées dans la ville où l'on sort directement dans la rue. Ici, il y a ce parc, ces maisons qui semblent hors du temps, hors la vie et qui justement laissent de l'espace pour inventer autre chose, un autre rythme, une autre vie. Cette ambiance-là m'intéresse parce que le théâtre est immergé dans une atmosphère propre, à la fois intime et ouverte ; il ne se concentre pas, ou pas seulement, autour de la boîte noire de la scène. En toute logique, je me dis que ça impliquerait alors des spectacles qui eux aussi s'ouvrent sur le dehors, qui aient une sorte de réceptivité ou d'élasticité à l'architecture de la Cité. Ça reste à imaginer bien sûr, mais je voudrais faire en sorte que les activités du théâtre se disséminent dans toute la Cité, dans le hall des maisons, sous les arbres.
Bulle
L'autre élément déterminant de l'ambiance, ce sont les habitants de la Cité, les étudiants. Ils restent sans doute moins longtemps qu'avant, parce qu'il y a beaucoup de bourses Erasmus désormais, mais ce sont des étudiants qui ne sont pas encore dévorés par la vie active. Ici, il y a cette atmosphère détendue, disponible, que je voudrais utiliser. Si c'était possible, faire rentrer de l'actualité dans la bulle mais en restant dedans, pas en la perçant, pas en la faisant crever. Si je me laisse rêver, je pense au spectacle de la chorégraphe Wen Hui que le Théâtre de la Cité internationale voudrait présenter et qui me semble emblématique de mon désir. Elle reste huit d'heures d'affilées sur une scène pour évoquer la Révolution culturelle : dans la bulle, ce genre de distorsion, d'élongation, est possible et en même temps, c'est absolument d'actualité.
Chercheuse
Je travaille beaucoup à l'intuition, à la rencontre. Je n'ai pas de thèmes, pas de fil conducteur, pas d'idées à priori. Je ne suis pas sûre de grand-chose, il y a simplement des intuitions que je cherche. Je me suis longtemps posée la question : est-ce que j'ai le droit de chercher avec de l'argent public ? Je n'ai pas un discours carré, optimiste. Et ça m'intéresse de le dire : je ne suis pas sûre.
Lignes, pourtant
J'ai quand même des envies, des goûts qui me poussent à présenter des artistes qui travaillent sur le territoire, le dissèquent, en apportent une autre perception, renouvellent notre rapport à ce qui nous entoure. Encore une fois, j'ai du mal à ne prendre en considération que la boîte noire du théâtre. J'aimerais proposer, contre ou plutôt avec cette boîte noire, des artistes qui nous offrent un déplacement géographique et temporel par rapport à une scène normale. Faire les deux en fait : une boîte noire complètement neutre avec un espace et un monde recréés à l'intérieur, mais aussi des projets qui s'intéressent à l'espace tel qu'il existe réellement, près de nous, à portée.
Public
J'ai été très marquée par mon long travail avec Philippe Decouflé. C'est un artiste qui a su allier la recherche et le goût populaire. Je me suis rendu compte, quand je travaillais à Paris quartier d'été, que c'est aussi ça que je voulais mettre en place. Je n'ai pas de problème pour proposer quelque chose qui soit très ouvert vers le public. Je ne veux pas me concentrer sur une famille esthétique, ou sur une seule forme de spectacle. Il y aura de tout, de la musique contemporaine au cirque ou aux marionnettes, et des quotas de rien du tout, pas les x% nécessaires de danse, pas un obligatoire spectacle de ci ou de ça. Je ne veux pas m'intéresser d'abord aux artistes, à leurs problèmes de création, mais travailler à la charnière, au point d'assemblage entre les artistes et le public et voir ce que ça provoque. Mon but est aussi de faire découvrir aux Franciliens l'espace de la Cité internationale, parce que le théâtre reste le meilleur instrument pour faire la renommée de la Cité, y attirer du monde.
Service
À l'origine, la Cité internationale est une œuvre sociale créée dans le contexte du pacifisme des années 20, une sorte de réponse aux nationalismes déchaînés de la première guerre mondiale. Outre un logement, il a été imaginé d'apporter des services aux étudiants : restauration, sport, culture. Le théâtre est donc avec la bibliothèque l'un des services culturels de la Cité internationale. Il n'est pas forcément très facile aujourd'hui d'imaginer comment rendre encore ce service, et ma réflexion tourne autour de la manière d'amener les étudiants à s'intéresser à autre chose qu'à ce qu'ils ont l'habitude de voir. Un de mes projets est non pas d'accueillir les résidents de la Cité pour faire du théâtre amateur mais de donner une fois par mois les clés du lieu à une école francilienne, école d'art de Paris ou conservatoire municipal de banlieue, pour organiser ce que ces écoles imaginent dans les espaces de la Cité. Ce serait une façon de modifier, dans le meilleur des cas, les relations des étudiants aux lieux.
Demi-saison
Je voudrais abandonner la sacro-sainte saison théâtrale pour développer le concept de demi-saison. Plusieurs réflexions sont à l'origine de ces demi-saisons : d'abord, il y a douze mois dans l'année, et il faut être présent durant ces douze mois, parce qu'il y a du monde tout le temps à Paris, parce qu'on prend de moins longues vacances qu'il y a vingt ans. Par ailleurs si on a des saisons traditionnelles d'octobre à mai, on s'interdit d'utiliser le beau temps, les espaces extérieurs. Ça peut donc aussi structurer la programmation : l'hiver dans les salles et l'été, dehors. Et puis pendant le temps des vacances, c'est aussi le moyen de toucher un autre public, un public plus familial, différent de celui très "averti" qui fréquente les théâtres parisiens durant la saison. Donc, les demi-saisons, c'est vraiment une idée à laquelle je tiens.»
Pascale Henrot,
propos recueillis par Stéphane Bouquet
Source Texte : Le Théâtre de la Cité internationale (http://www.theatredelacite.com)
Genre :
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : OUVERTURE DE SAISON (-),
Passage(s) : Théâtre de la Cité internationale Paris 75014 ,
Source Artishoc : Le Théâtre de la Cité internationale - http://www.theatredelacite.com
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