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Variations pour une porte et un soupir




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Variations pour une porte et un soupir (30')
musique Pierre Henry
concept chorégraphique Maurice Béjart par le Ballet de l'Opéra national du Rhin
diffusion sonore Etienne Bultingaire
mise en répétition Bertrand d'At
interprétation le Ballet du Rhin, pièce pour 7 danseurs


Le Ballet du Rhin, interprète une pièce de la période la plus inventive de Maurice Béjart : "Variations pour une porte et un soupir" (1965) pour sept danseurs sur la musique concrète de Pierre Henry, créée le 21 février 1965 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

L'œuvre se présente sous la forme d'une succession de variations musicales dans le style des grandes Suites Françaises du XVIIe ou du XVIIIe siècle : les variations s'inspirent presque toujours d'un mouvement chorégraphique : la gigue, allemande, courante, menuet... Ici étirement, balancement, gymnastique, transe... C'est une œuvre cyclique qui se referme sur elle-même, éclosion, développement, épanouissement, destruction, évoquant le rythme d'une journée, d'une vie. « Sept danseurs entrent en scène pour créer un ballet où le chorégraphe n'a pas sa place ».
Les danseurs (cinq hommes et deux femmes) habillés en noir et blanc tirent au sort, devant le public au début de chaque représentation, un numéro (de un à sept). Ils disposent chacun d'une chaise correspondant à ce numéro et se conforment au schéma général, affiché sur deux grands tableaux noirs dominant le centre du plateau, qui leur indique auxquelles des seize pièces ils doivent participer. À l'intérieur même des variations se mêlent improvisation et de nombreuses obligations. Tel numéro doit danser en donnant la main à tel autre, tel parcours est obligatoire, telle pose fixée, etc.

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« Variations pour une porte et un soupir a été composé en hommage à l'ensemble de l'œuvre picturale d'Arman : « Allures », « Poubelles », « Accumulations », « Colères », « Coupes ». C'est un retour à des sources brutes ayant un pouvoir de communication immédiate. Cette œuvre est une analyse objective des gestes les plus simples de l'expressivité humaine. L'allure, l'agglomération, la brisure d'un grincement de porte transcendent le lieu-commun d'un objet-musique : la porte.
Soupirs soufflés, soupirs chantés explorent le sensible de l'activité mentale ou corporelle d'un être humain au cours d'une journée ou d'une vie entière. »
Pierre Henry

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Bouger, faire, agir, exister, malgré les ans, malgré les jambes qui se refusent, bouger toujours. Dans les Variations pour une porte et un soupir, toutes les danses peuvent se retrouver. Quelles qu'elles soient. Une pièce de Béjart totalement ouverte sur le monde, l'avenir, qui jamais ne sera à côté de son style ou en porte-à-faux avec celui-ci. Comme il l'affirma lors de son quatre vingtième et dernier anniversaire : « Il n'y a pas de chorégraphe ; il n'y a que des danseurs.»
Bertrand d'At, Directeur de la danse du Ballet de l'opéra national du Rhin, mai 2008

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Béjart et le hasard (et donc la spiritualité)

Sept danseurs improvisent librement sur la musique de Pierre Henry.

Sur un tableau noir, un schéma propose une structure établie pour des danseurs imaginaires numérotés de à 7. Le public sait à l'avance que la deuxième variation sera un solo du danseur 1, que « Gymnastique » aura quatre interprètes, que le pas de deux sera exécuté par le 6 et le 7, sous le regard de 3, avec les autres de dos... À part ces consignes, la liberté d'improviser est totale à l'intérieur des variations. C'est sur la scène, devant le public, que les danseurs tirent au sort leur numéro, renouvelant ainsi chaque soir le rituel cyclique de la vie, et son parcours aléatoire.

Il y a successivement seize variations :
Sommeil - Balancement - Chant 1 - Éveil - Chant II - Étirement - Geste - Comptine - Fièvre - Chant Ill - Gymnastique - Braiements - Respirations - Ronflements - Chant IV - Mort.

Musicalement l'œuvre se referme sur elle-même - éclosion, développement, épanouissement, destruction -, évoquant le rythme d'une journée, d'une vie.
Variations pour une porte et un soupir a été composé en hommage à Arman, dont les œuvres étaient constituées principalement d'entassements d'objets en tous genres, objets brisés, brûlés, usés, mais toujours objets de la vie quotidienne. Objets qui se retrouvent, bruts ou retravaillés, dans la musique.

Si, comme le dit le romancier Français Weyergans, « La poésie était le vrai univers de Maurice Béjart », c'est au public d'interpréter librement les symboles et de se construire un univers à travers le cheminement des formes et des sons. À la différence des grandes pièces paroxystiques de Maurice Béjart, à l'énergie puissante et aux unissons massifs, ce programme tout en nuances souligne l'ouverture d'un homme qui voulait transmettre le goût de la liberté à ses danseurs et ses spectateurs. N'écrit il pas dans Lettres à un jeune danseur (Actes Sud) : « Toi... Sois « l'artisan furieux » que chante René Char. Lutte, travaille et envole-toi ! » ?

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Maurice Béjart, chorégraphe
Maurice Béjart naît à Marseille en 1927. Danseur puis chorégraphe, il fonde sa première
compagnie, les Ballets de l'Étoile en 1954 à Paris. En 1955, il sort des sentiers battus avec Symphonie pour un homme seul. Remarqué par Maurice Huisman, le nouveau directeur du Théâtre Royal de la Monnaie, il règle un triomphal Sacre du printemps (1959). Et c'est la fondation du Ballet du XXe siècle (1960), une compagnie internationale à la tête de laquelle Béjart sillonne le monde entier. Au Sacre, s'ajouteront Boléro (1961), Messe pour le temps présent (1967) et l'Oiseau de feu (1970). Un goût marqué pour le cosmopolitisme culturel amène ce fils du philosophe Gaston Berger à s'attacher à l'expression de diverses civilisations (Bhakti, Golestan, Kabuki, Dibouk, Pyramide) comme à l'illustration d'un riche répertoire musical (de Boulez à Wagner). En 1987, il quitte Bruxelles pour Lausanne et crée le Béjart Ballet Lausanne. Pédagogue incomparable, il fonde l'école Mudra, à Bruxelles (1970), puis à Dakar (1977), et l'école-atelier Rudra à Lausanne (1992). Metteur en scène de théâtre et d'opéras, réalisateur de films, Maurice Béjart a aussi publié plusieurs livres. Figure charismatique, à l'audace controversée, sa personnalité, son enseignement et ses créations influenceront nombre de chorégraphes. Hommage à la danse, langage universel, son art réfracte l'actualité avec enthousiasme et clarté, conférant à son œuvre une valeur de témoignage. Maurice Béjart décède à Lausanne le 22 novembre 2007.


Le Ballet de l'Opéra national du Rhin
Créé en 1972, le Ballet du Rhin, devenu depuis le Ballet de l'Opéra national du Rhin a beaucoup voyagé. De Strasbourg à Mulhouse tout d'abord où il s'est installé dans ses locaux en 1974. En Alsace, en France et dans le monde entier ensuite, en ambassadeur reconnu de la danse, enrichi par ses « patrons » successifs : Jean Babilée, Denis Carey, Peter Van Dyk, Jean Sarelli, Jean-Paul Gravier et maintenant Bertrand d'At. Tous ont contribué, par leur impact personnel et par leurs choix artistiques, à faire de cette compagnie une troupe au savoir faire et à la qualité unanimement reconnus.
Le Ballet du Rhin est une des rares compagnies françaises à pouvoir passer avec un égal bonheur du baroque au moderne, du classique au contemporain pour donner à voir la danse dans tous ses états. La (longue) liste des chorégraphes qui jalonne son parcours est là pour en témoigner.
La danse est un art vivant qui ne peut se satisfaire ni d'un conservatisme frileux, qui peut la rendre obsolète, ni d'une fuite en avant permanente qui la rend souvent inintelligible pour le plus grand nombre.
Centre Chorégraphique national depuis 1985, l'objectif du Ballet de l'Opéra national du Rhin en
tant que compagnie de répertoire est donc aussi d'apporter au public cette culture chorégraphique qui souvent fait défaut tout en posant de façon vivante et contemporaine la question de la transmission par la présentation d'un certain nombre d'œuvres jalons du répertoire, et par une politique active de création. Elle veut ainsi témoigner ainsi de la variété et de la richesse de cet art majeur qu'est la danse et de son inépuisable vitalité.
La compagnie dispose pour cela d'un groupe de 36 artistes permanents, venus du monde entier, et qui, outre une solide formation académique initiale, doivent être capable d'appréhender en profondeur les styles les plus divers. C'est pour cela aussi que la politique artistique privilégie le travail régulier avec certains chorégraphes plutôt que des rencontres ponctuelles.
Le Ballet de l'Opéra national du Rhin propose également toute une série d'actions de sensibilisation en direction de tous les publics afin de contribuer à mieux faire connaître la danse et sa longue histoire, et susciter la curiosité et l'envie de découvrir.
Par delà les époques et les styles, notre objectif est de donner au plus grand nombre l'envie de trouver le chemin des salles de spectacle.




Source Texte : Le Théâtre de la Cité internationale (http://www.theatredelacite.com)

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Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Pierre HENRY (compositeur), Maurice BEJART (chorégraphe),
Passage(s) : Théâtre de la Cité internationale Paris 75014 ,
Source Artishoc : Le Théâtre de la Cité internationale - http://www.theatredelacite.com

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