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Futago




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Futago (Jumelle)
chorégraphie Emmanuelle Huynh
interprétation Aline Landreau et I-Fang Lin
musique Psyche Rock et Too fortiche de Messe pour le temps présent, de Pierre Henry
costumes Emmanuelle Huynh
lumière Tomohiko Watarikawa et Takayuki Fujimoto (Dumb Type)

spectacle créé le 15 mars 2008 à l'Atelier Gekken, Kyoto, Japon


De Kyoto à Angers, d'Angers à Kyoto, les connivences artistiques ont réuni deux chorégraphes et deux danseuses autour d'un même projet. Deux solos (Kaibutsu) et un duo (Futago) composent un programme imaginé par Emmanuelle Huynh et le chorégraphe japonais Kosei Sakamoto pour les danseuses Aline Landreau et I-Fang Lin. Les deux parties peuvent être présentées en version intégrale sous le titre générique Monster Project ou bien indépendamment l'une de l'autre. « Kaibutsu » signifie « monstre » en japonais ; « Futago » signifie « jumelle », ces deux entités chorégraphiques faisant référence à la notion de monstruosité à l'origine de l'inspiration du Monster Project.
Dialogue d'écritures à travers deux interprètes, en même temps qu'une réflexion sur ce qu'est le solo, le Monster Project est construit à la manière d'un cadavre exquis pour lequel Kosei Sakamoto aurait posé un premier geste qu'Emmanuelle Huynh viendrait continuer, « compléter ».
Au Théâtre de la Cité internationale, Futago, duo chorégraphié sur la musique de Pierre Henry, extraits de Messe pour le temps présent, par Emmanuelle Huynh, ancienne élève de Maurice Béjart, viendra clore ces soirées imaginées autour de deux figures tutélaires de la danse et de la musique.


Historique du projet
Je rencontre Kosei Sakamoto en 2001 lors de ma résidence de quatre mois à la Villa Kujoyama à Kyoto. Nous échangeons sur la création, les contextes de travail, la pédagogie, le laboratoire transversal Hourvari que je viens d'initier avec le Centre Pompidou et le Centre national de la danse, avec comme figure fédératrice la chorégraphe Lisa Nelson. En décembre 2001, Kosei Sakamoto m'invite, ainsi que Nicolas Floc'h, artiste visuel avec lequel je collabore régulièrement, à participer à son premier Kyoto Creators Meeting pendant lequel je peux tester certains principes qui mèneront à la création de la pièce Numéro en décembre 2002 avec Nicolas Floc'h, à la Ménagerie de verre à Paris. En 2005-2006, nous mettons en place des échanges d'étudiants entre le CNDC et la communauté de danseurs japonais que Kosei Sakamoto fédère pendant le grand stage annuel d'avril : l'International Dance Workshop Festival. En 2006, Kosei Sakamoto crée à Tokyo et Kyoto le solo Kaibutsu avec la danseuse Yuka Saeki. En avril 2006, Aline Landreau étudiante de la première promotion de la Formation d'artiste chorégraphique du CNDC, rencontre Kosei Sakamoto à Kyoto. En novembre 2006, celui-ci propose de transmettre son solo Kaibutsu à Aline et me propose de chorégraphier à mon tour une pièce pour Yuka Saeki et Aline Landreau. Le projet naît ainsi. C'est la danseuse I-Fang Lin qui, en alternance avec Yuka Saeki, interprètera le rôle aux côtés d'Aline Landreau pour la création en France.

Emmanuelle Huynh

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Emmanuelle Huynh : « Ce lien très fort entre la danse et la musique, je ne l'ai jamais traité frontalement, alors que nous avions à Mudra un professeur de rythme formidable, Fernand Schirren, qui eut une grande influence sur beaucoup (Anne Teresa De Keersmaeker, Maguy Marin, Pierre Droulers). J'ai envie aujourd'hui d'explorer ce lien à la musique, cette puissance d'alliance que je n'ai jamais cherché à creuser, ce tressage entre la puissance rythmique de la danse et l'existence physique de la musique. J'ai été très impressionnée en voyant la version remontée du Sacre du Printemps de Nijinski sur la musique de Stravinsky, version qui a été reconstruite à partir des dessins et des notes de travail de Nijinski. Stravinsky a dit que Nijinski n'entendait rien à la musique mais je trouve que Nijinski est un grand musicien qui travaille de structure à structure : on ne sait plus si on voit de la musique ou si on entend de la danse. Les choses parfois écrites en 3 temps chez Stravinsky et Nijinski écrit la danse en 5, mais justement ce décalage, c'est ce qui fait résonner au maximum la musique de Stravinsky.

Pourquoi, dans ce contexte avoir choisi la musique de Pierre Henry ?
E. H. : L'année dernière, au moment de la mort de Béjart, on m'a posé des questions.
Je n'avais pas grand chose à dire mais je me souvenais avoir été élève d'un grand maître que j'avais beaucoup aimé quand j'étais enfant. À l'époque, j'étais en train de travailler avec un chorégraphe japonais, Kosei Sakamato, qui avait écrit un solo pour une de ses danseuses, laquelle l'avait transmis à une des élèves du CNDC. Ça s'appelait Monster. Il m'a proposé de faire la même chose : que j'écrive un solo et qu'il soit transmis à son tour. Je me suis dit que je préférais faire un duo sur la thématique du monstre qui travaillerait sur la question du même, du jumeau, du 2 fois 1. Revoir les jumelles dans Shining de Kubrick (1980) m'avait horrifiée, ces robes vert pomme et ces torrents de sang. Je voulais rendre les interprètes aussi attachantes et affolantes et je venais de réécouter la Messe pour le temps présent que j'adore depuis mon enfance. Je n'ai jamais vu la chorégraphie de départ mais la photo sur la pochette du disque suffisaient à me faire rêver. Je me suis dit : pourquoi s'empêcher d'utiliser la musique qu'on aime ?

Comment l'utilisez-vous ?
E. H. : J'utilise deux morceaux, un jerk électronique et le rock « Too Fortiche. » J'utilise la musique dans une sorte de mise au pas, de marche en cadence. Je me suis autorisée à « marcher dessus, » je l'ai vraiment utilisé pour sa fonction de beat, de scansion marquée, de rythme binaire. Les lumières de Takayuki Fujimoto, l'éclairagiste du collectif Dumb Type, suivent aussi ce rythme. Il travaille avec des L.E.D. qui sont des lumières électriques sans filaments qui peuvent s'éteindre et s'allumer très vite. Il a donc fait un proposition par rapport au beat, une lumière très psychédélique : rose vert jaune jaune vert etc.
Un univers très boîte de nuit qui travaille sur le rythme binaire du rock et son travail de lumière valorise vraiment la musique.

Que la musique ait déjà été utilisée par un autre chorégraphe, n'est-ce pas un handicap ?
E. H. : Au contraire. Cette musique étant très connue, elle ouvre la question du tube, d'un univers pré-existant. À son écoute, on est dans un rapport très spontané, très immédiat, très jouissif. Bien sûr, il faut être un peu solide sur ce qu'on met avec. L'idée du monstre me semblait pouvoir s'agencer à cette musique : deux jeunes femmes, bottes collantes, pulls blancs, qui s'empoignent et font disparaître leur tête dans la lutte pour devenir un animal à quatre bras et jambes, c'est une espèce d'énergie sauvage, aussi, à sa façon.

Propos recueillis par Stéphane Bouquet

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Emmanuelle Huynh
Née à Châteauroux, Emmanuelle Huynh a fait des études de philosophie et de danse. Elle a participé en tant qu'interprète aux projets de Nathalie Collantes, Hervé Robbe, Odile Duboc, Catherine Contour, le Quatuor Knust. Collaboratrice de la revue Nouvelles de Danse, elle a mené, depuis 1992, une série d'entretiens avec Trisha Brown, qui seront bientôt publiés. En 1994, elle bénéficie d'une bourse Villa Médicis hors-les-murs pour un projet au Viêt-nam, et crée à son retour, le solo Múa. Elle poursuit son travail chorégraphique en 1997 avec Passage, en 1998 avec Tout contre puis Distribution en Cours en 2000.
Elle développe un travail pédagogique en direction des écoles d'art sous forme d'ateliers ou au sein de lieux de formation pour danseurs (ex.e.r.ce à Montpellier).
Elle organise des sessions de travail regroupant des artistes de champs différents : Hourvari, laboratoire instantané au Centre Pompidou en 2001, Edelweiss au centre chorégraphique national de Montpellier en 2003, Ligne d'Arrivée dans le cadre de la résidence de la compagnie au Domaine départemental de Chamarande en 2004.
Elle collabore régulièrement avec des artistes plasticiens (Erik Dietman pour la performance Le modèle modèle, modèle ; Frédéric Lormeau pour Vasque fontaine/partition Nord ; Fabien Lerat pour Visite guidée/vos questions sont des actes ; Nicolas Floc'h pour Bord, tentative pour corps, textes et tables ; Numéro, Heroes et La Feuille) et propose des performances dans des musées. A Vida Enorme/épisode 1 est créé en novembre 2003. En juillet 2004, elle est directrice artistique du festival Istanbul Danse, projet de coopération entre artistes turcs et artistes français regroupant tout à la fois diffusion, pédagogie et débats. Heroes, pièce pour sept danseurs et un musicien est créée en mai 2005 à Angers, présentée au Théâtre de la Ville à Paris avant d'être reprise en France et à l'étranger. Le Grand Dehors, est créée en octobre 2007 à Angers puis présentée au Centre Pompidou dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.
En mars 2008, elle a chorégraphié le duo Futago dans le cadre de Monster Project, créé à Kyoto avec deux soli du chorégraphe japonais Kosei Sakamoto et présenté au CNDC à Angers, au théâtre le Quai, en janvier – février 2009, puis en tournée. Cribles, prochaine création d'Emmanuelle Huynh, légende chorégraphique pour 1000 danseurs, évoquera les danses rituelles à travers la forme de la ronde : il s'agit d'une pièce pour dix interprètes, dont les images les multiplient à l'infini sur le plateau. Cribles sera créée en juin 2009 au festival Montpellier danse. Emmanuelle Huynh travaille également sur le Projet Ikebana, un duo pour elle et pour Madame Okudaira, maîtresse ikebana, créé à Angers à l'automne 2009 puis présenté dans le cadre du Festival d'Automne à Paris 2009.
Depuis février 2004, Emmanuelle Huynh est directrice artistique du Centre national de danse contemporaine Angers (CNDC), elle y met en œuvre son projet pour ce centre chorégraphique national qui est aussi une école supérieure exclusivement dévolue à la danse contemporaine.


Aline Landreau
Après des études universitaires en philosophie, Aline Landreau suit la formation en danse contemporaine du Conservatoire National de Région de Bordeaux. Elle entre en 2005 à l'Ecole supérieure du CNDC pour la Formation d'artiste chorégraphique (FAC), au cours de laquelle elle participe à la création collective Le geste risqué explore sûrement les chants de la forêt sous la direction de Vera Mantero, à la re-création de Set and Reset de Trisha Brown par Shelley Senter. C'est également dans le cadre de la FAC qu'elle travaille avec l'artiste plasticien Nicolas Floc'h pour les performances Fifty Box au Musée Lurçat à Angers / Musée des Beaux Arts de Nantes / Festival au Volapük à Tours / Pelouses Autorisées à La Villette Paris ; puis avec Ko Murobushi (jusqu'à un solo butô Travers), Nathalie Collantes (travail de composition), Emmanuelle Huynh et Nuno Bizarro (transmission de la pièce A Vida Enorme), Anne Collod (autour des partitions de L'Après-midi d'un faune de Nijinski). En 2006 – 2007, elle est interprète pour la création de la pièce 9 de Loïc Touzé. Depuis mars 2007, elle élabore et participe à de nombreux projets d'actions de sensibilisation à la danse contemporaine avec le Centre national de danse contemporaine.


I-Fang Lin
Née à Kaohsiung (Taiwan), elle décide de devenir danseuse à l'âge de 14 ans. Elle entreprend d'abord une formation classique à l'Académie Nationale des Arts de Taiwan et à l'Institut National des Arts de Taiwan, puis opte pour la danse contemporaine et décide de poursuivre son apprentissage en France.
Après un passage au Conservatoire d'Orléans puis à l'université Paris VIII, elle est admise au Centre national de danse contemporaine d'Angers, dont elle obtient le diplôme en 1993. Elle débute en tant qu'interprète à Montpellier avec Didier Théron, partage le parcours de la compagnie La camionetta durant cinq créations, et rencontre le travail de Jacques Patarozzi. Elle collabore ensuite avec la compagnie Pierre Droulers et chorégraphie parallèlement un duo avec Carine Gori. Puis elle danse pour les chorégraphes Anne Lopez et Emmanuelle Huynh.
En Juillet 2001, elle rejoint la compagnie Mathilde Monnier.
Depuis Août 2004, I-Fang Lin est praticienne diplômée de la méthode Feldenkrais.



Source Texte : Le Théâtre de la Cité internationale (http://www.theatredelacite.com)

Genre :
Thème(s) : danse, musique, Musique - danse , musique contemporaine, danse contemporaine, musique électronique,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Pierre HENRY (compositeur), Emmanuelle HUYNH (chorégraphe),
Passage(s) : Théâtre de la Cité internationale Paris 75014 ,
Source Artishoc : Le Théâtre de la Cité internationale - http://www.theatredelacite.com

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