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LES VISITES DE LA CIE I.D.A. MARK TOMPKINS
En chantier
Créer une vision poétique des instants éphémères en mutation
En chantier
« De 2001 à 2004, Mark Tompkins et la compagnie I.D.A. s'associent au Théâtre de la Cité internationale, pour suivre la démolition du Grand Théâtre et sa reconstruction. Et aussi l'envie et l'occasion de travailler « En Chantier » dans un temps relativement long (environ trois ans), de profiter ainsi de la réalité concrète d'un vrai site en construction, qui plus est, un théâtre qui se transformera en théâtre.
Là, à intervalles réguliers, ils recueillent des sons, des images, des matériaux, des objets. Ainsi ils documentent le « vrai » chantier, dans le sens classique du terme, de la démolition jusqu'à la réhabilitation et la livraison clefs en main. Et, en parallèle, ils documentent leur chantier à eux, plus mystérieux et poétique. Cette collecte constitue la base créative à une réappropriation par le corps.
Sur le site, la cie I.D.A. est considérée comme une des entreprises du chantier. Elle travaille en parallèle avec les autres corps de métier. La seule différence majeure réside dans son objectif, moins concret que poser une fondation, installer l'électricité, etc. qui se greffe sur l'ensemble des travaux et leur déroulement dans le temps pour créer une vision poétique des instants éphémères en mutation. Car le thème est la mutation, le processus du changement, la perception de la fluctuation de l'espace et du temps.
Suivant la métaphore du chantier, le projet se déroule par étapes, avec des temps de recherche et de développement, ponctués par des instants de visibilité ouverts au public, appelés « Visites de chantier ». Elles ont lieu 3 fois par an, sur 2 ou 3 jours, en séries de 8 à 12 performances d'environ 25 minutes. Elles comprennent des installations vidéo, des expositions photos, et des performances live avec danse, musique, lumière et projections vidéo.
Lors des « Visites de chantier », de l'équipe, s'établissent des partitions spatio-temporelles en fonction de l'état actuel du chantier et des envies de cerner et de mettre en valeur une problématique et une perspective du moment (le haut et le bas, le centre et la périphérie...). Chaque visite, c'est une architecture unique et éphémère qui s'érige. Pour des raisons de sécurité, la première et la deuxième série de « Visites » ont dû se dérouler en dehors du chantier. L'enjeu du projet a vraiment basculé lors de la troisième série de “Visites” lorsque le public a enfin pu être accueilli le dans le chantier. La question devenait simple et évidente. Quel rapport y-a-t-il entre le corps ou le mouvement « fonctionnels » et « dansés » ?
L'équipe
Alain de Cheveigné, Performer / Eclairagiste
Pierre Froment, Performer / Vidéaste
Nuno Rebelo, Performer / Musicien
Alexandre Théry, Performer / Danseur
Mark Tompkins, Performer / Danseur
Gilles Toutevoix, Performer / Vidéaste
Du corps concret au corps abstrait, le mouvement fonctionnel ou dansé
Le projet « EN CHANTIER » nous permet de revenir et d'approfondir nos recherches sur le corps performatif (Trahisons 1984-87, La Plaque Tournante 1990-92, Channels 1994). Ce travail porte sur les ressemblances et les différences entre le corps “concret” ou fonctionnel et le corps “abstrait” ou dansé.
Si le corps concret s'accomplit dans des taches -(dé)construire un espace, en général avec l'aide d'un outil et avec les gestes fonctionnels du travail- le corps abstrait s'accomplit dans son propre mouvement -(dé)construire un espace sans but apparent avec des gestes vraisemblablement « gratuits ». Le corps concret habite l'espace selon un plan préétabli dans le but de créer quelque chose en dur (en l'occurrence un théâtre). Son temps est réglementé par des impératifs de production et d'économie, avec des échéances absolues (time is money !). Le corps abstrait habite l'espace dans son état du moment dans le but de créer des liens poétiques et éphémères entre l'espace et les êtres. Son temps est surtout ordonné par le désir.
Dans nos excursions en chantier, le terrain est notre premier partenaire. Impossible de danser sans avoir créé un « équilibre » avec lui. Surtout au début, au temps de la démolition, les rares surfaces planes appelaient toujours à être accompagnées d'objets ou d'outils, comme si le fait de simplement danser devenait improbable, voire ridicule. Chaque objet devenait le support d'un mouvement concret même si son but restait superflu et inutile. Cette nécessité de prothèse, vécue d'abord comme un problème ou un manque, est devenue une stratégie de survie dans un environnement hostile et dangereux, et s'est peu à peu révélée être l'enjeu et l'atout majeur de notre entreprise.
Nous évoluons grâce à l'espace en mutation constante qu'est le chantier, grâce aux objets et aux matières qui nous entourent et qui ne cessent de changer. Nous faisons la tentative et l'apprentissage de faire alliance avec les choses : le sol, les murs, les briques, les tas de gravats et de sable, les tubes pvc, les bâtons de bois, les morceaux de fer, les vrais et les faux outils. Et avec l'état des lieux : le jour, la nuit, les démolitions et les constructions.
Nous ne bâtissons rien de concret.
Nous effaçons toujours nos efforts.
Nous nous efforçons de faire corps avec le chantier ».
Mark Tompkins, octobre 2003
Source Texte : Le Théâtre de la Cité internationale (http://www.theatredelacite.com)
Genre :
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Mark TOMPKINS (metteur en scène),
Passage(s) : Le Chantier - Théâtre de la Cité Internationale - Paris Paris 75014 ,
Source Artishoc : Le Théâtre de la Cité internationale - http://www.theatredelacite.com
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