2002 - 2004 : La Rénovation des salles

Les enjeux du projet...

2002 - 2004 : La Rénovation des salles


L'utilisation de la Grande salle du Théâtre était menacée par la vétusté des locaux, la mauvaise insonorisation (RER à quelques mètres en dessous), les problèmes de sécurité (installation électrique obsolète et dangereuse, rideau pare-feu en amiante...). 
Le lieu - construit en 1936, transformé dans les années 80 - était devenu mal adapté aux exigence du spectacle contemporain.


Par voie de concours, a été choisi un des projets les plus audacieux, celui des architectes Xavier Fabre / Vincent Speller et Philippe Pumain, assistés du scénographe Guy-Claude François.
Deux salles furent concernées par ce projet, la troisième, la plus petite, la plus haute, appelée La Resserre, restant identique. Les architectes ont opté pour l'évidage systématique du bâtiment, ne conservant que la structure et la très belle coupole de la Grande salle. Ils ont choisi de bâtir deux salles clairement différenciées.

 

Le gros oeuvre

Les travaux de gros oeuvre ont constitué une étape longue et délicate du chantier de reconstruction.
Dans un premier temps le volume intérieur de l'ancien théâtre et des salles de sport situées en dessous a été complètement vidé de toutes ses structures et cloisonnements.
Le niveau du plancher inférieur a été abaissé de 3 m par rapport à l'existant, ce qui a conduit à une reprise en sous-œuvre des fondations existantes et à un confortement vis-à-vis de la poussée de la voûte du RER.
Puis des boîtes à ressort ont été disposées sur des fondations indépendantes et le parallélépipède en béton de la nouvelle salle de la Galerie a été mis en œuvre sur ces boîtes, de manière à être isolé des vibrations générées par le passage des trains.
Sur le plancher haut de la salle de la Galerie une deuxième dalle en béton a été coulée, désolidarisée par un matériau résiliant pour isoler les deux salles l'une de l'autre.
Sur cette dalle, plancher de la nouvelle grande salle, une charpente en bois lamellé-collé a été construite, définissant le volume de la salle, et complétée par un balcon en béton armé, également non vibrant.
A l'extérieur, côté sud, une terrasse a été créée au niveau du plancher de la grande salle, servant à contreventer la façade du bâtiment.

 

La Coupole

vue par un de ses architectes, Philippe Pumain
Le plan du Grand Théâtre est clairement celui d'une salle à l'italienne : cadre de scène, parterre et balcon, promenoir et galerie, habillage en bois. La salle est construite à partir d'un cercle dessiné au sol qui rejoint l'ellipse de la coupole existante. Les parois du cylindre sont percées de baies et de portes hautes donnant directement sur les rangées de gradins. Cette définition de la paroi assure une protection acoustique et offre en même temps une analogie avec le théâtre du Globe et la tradition élisabethaine.
La nouvelle salle "La Galerie" est une salle sobre, habillée de bois sombre, dont les gradins rétractables et le faux-grill rapporté permettent l'implantation de tous types de dispositifs scéniques.

 

2002 - 2004 : Résidence Cie IDA/Tompkins

 

Le chorégraphe Mark Tompkins et les membres de sa compagnie I.D.A. se sont à leur façon installés dans le chantier pendant 3 ans pour y développer leur vision singulière de la performance et de l'architecture.


Là, à intervalles réguliers, dans «cette espèce de non-lieu», «de lieu en suspension», ils recueillent des sons, des images, des matériaux. Cette collecte/collection constitue la base créative à un travail de ré-appropriation par le corps qui donne régulièrement lieu à des performances ouvertes au public sur le site même. Ils accompagnent ainsi la démolition du Grand Théâtre et sa reconstruction et profitent ainsi de la réalité concrète d'un vrai site en construction, qui plus est, un théâtre qui se transformera en théâtre...
Et, en parallèle, ils documentent leur chantier à eux, plus mystérieux et poétique. Cette collecte constitue la base créative à une ré-appropriation par le corps.

Sur le site, la cie I.D.A. est considérée comme une des entreprises du chantier. Elle travaille en parallèle avec les autres corps de métier. La seule différence majeure réside dans son objectif, moins concret que poser une fondation ou installer l'électricité, qui se greffe sur l'ensemble des travaux et leur déroulement dans le temps pour créer une vision poétique des instants éphémères en mutation. Car le thème est la mutation, le processus du changement, la perception de la fluctuation de l'espace et du temps.Suivant la métaphore du chantier, le projet se déroule par étapes, avec des temps de recherche et de développement, ponctués par des instants de visibilité ouverts au public, appelés «Visites de chantier». Elles ont lieu 3 fois par an, sur 2 ou 3 jours, en séries de 8 à 12 performances d'environ 25 minutes. Elles comprennent des installations vidéo, des expositions photos, et des performances live avec danse, musique, lumière et projections vidéo.


L'équipe : Alain de Cheveigné (Performer, Eclairagiste) • Pierre Froment (Performer, Vidéaste) • Nuno Rebelo (Performer, Musicien) • Alexandre Théry (Performer, Danseur) • Mark Tompkins (Performer, Danseur) • Gilles Toutevoix (Performer, Vidéaste)