Histoire

L’histoire du Théâtre de la Cité internationale est indissociable de celle de la Cité internationale universitaire de Paris. Lorsqu’il est inauguré en 1936 par le président Albert Lebrun, en présence de Jean Zay, il participe d’un projet né au lendemain de la Première Guerre mondiale : faire de la rencontre entre les peuples une condition de la paix. Au cœur de la Maison internationale, le théâtre devient l’un des lieux où cette ambition prend corps.

Dès ses premières décennies, il accueille aussi bien les élèves du Conservatoire que les grandes scènes parisiennes. La Comédie-Française, l’Odéon ou le TNP de Jean Vilar y présentent leurs spectacles. Gérard Philipe, Maria Casarès ou Jean-Louis Barrault y rencontrent un public d’étudiants venus du monde entier. Le théâtre s’affirme déjà comme un lieu de transmission, de débat et de découverte.

Une nouvelle page s’ouvre en 1968 lorsque, avec le soutien d’André Malraux, André-Louis Perinetti transforme le lieu en laboratoire de la création contemporaine. Dans l’effervescence de l’après-Mai 68, le Théâtre de la Cité internationale devient un véritable carrefour international où se croisent les expériences du Bread and Puppet Theater, de l’Odin Teatret d’Eugenio Barba, d’Antoine Vitez, de Jorge Lavelli ou encore de Jérôme Savary, qui y crée les premiers spectacles du Grand Magic Circus. Le théâtre accompagne alors les bouleversements esthétiques et politiques de son époque, tandis que Guy Caron prolonge cette dynamique en faisant du lieu l’un des foyers importants de la danse contemporaine, notamment avec l’accueil de Maguy Marin.

Le tournant majeur suivant intervient en 1991 avec l'arrivée de Nicole Gautier. Ancienne responsable de l'ONDA, elle connaît intimement les réseaux de création européens et perçoit avant beaucoup d'autres la difficulté croissante pour les compagnies de trouver une visibilité à Paris. Son projet est simple et ambitieux : faire du Théâtre de la Cité internationale une scène de passage incontournable pour les artistes qui comptent déjà dans le paysage contemporain mais n'ont pas encore trouvé leur place dans la capitale.

Pendant près de vingt ans, le TCI devient ainsi l'un des lieux les plus précieux de la création contemporaine française et européenne. On y voit les spectacles de Didier-Georges Gabily, Jean-Luc Lagarce, Boris Charmatz ou Jean-Louis Martinelli ; de jeunes metteurs en scène appelés à marquer durablement le théâtre européen y trouvent un premier accueil parisien. Le théâtre est aussi l'un des premiers à présenter en France Thomas Ostermeier, alors encore peu connu hors d'Allemagne. Les Flamands de Tg STAN, l'Argentin Rodrigo García, le New-Yorkais Richard Maxwell ou encore Josse De Pauw y sont accueillis à un moment décisif de leur parcours. Plus qu'un lieu de programmation, le TCI devient alors un observatoire privilégié des grandes mutations du théâtre européen.

Sous la direction de Pascale Henrot, le théâtre poursuit cette ouverture en développant les croisements entre théâtre, danse, musique, cirque et arts visuels. Puis Marc Le Glatin renforce le soutien à la jeune création et les liens avec les étudiants, les universités et les habitants du territoire, renouant ainsi avec la vocation historique du lieu : faire dialoguer création artistique, jeunesse et vie intellectuelle. En 2025, Frédérique Aït-Touati et Nathalie Vimeux sont nommées à la tête du théâtre.

Depuis près de quatre-vingt-dix ans, le Théâtre de la Cité internationale demeure fidèle à une même intuition : offrir un lieu où les artistes, les étudiants, les chercheurs et les publics venus du monde entier peuvent se rencontrer. Un théâtre qui n'a jamais cessé d'être à la fois une scène de création et un espace de circulation des idées.